Legrand pardon de Sainte-Anne-la-Palud, à Plonévez-Porzay (Finistère), fait son retour après une mini-édition en 2020. Il aura lieu du samedi 28 au mardi 31 août 2021. On vous donne cinq
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17/05/2021 11:59. Ille-et-Vilaine 19 Le grand pardon de Sainte-Anne-la-Palud, à Plonévez-Porzay, dure quatre jours. L’occasion pour les fidèles qui marchent vers Sainte-Anne de se retrouver, portant croix, bannières et costumes traditionnels, du samedi au mardi, même si le dimanche reste le temps fort, sur les routes
26 juillet 2022 2 26 /07 /juillet /2022 0000 Sainte Anne la Mère de la très Sainte Vierge Sainte Anne appartenait à ce peuple choisi qui, dans les desseins de Dieu, devait donner naissance au Sauveur des hommes. Elle était de la tribu de Juda et de la race de David. Ses parents, recommandables par leur origine, devinrent illustres entre tous leurs concitoyens par l'éclat d'une vie pleine de bonnes oeuvres et de vertus. Dieu, qui avait prédestiné cette enfant à devenir l'aïeule du Sauveur, la combla des grâces les plus admirables. Après Marie, aucune femme plus que sainte Anne ne fut bénie et privilégiée entre toutes les autres. Toute jeune enfant, elle était douce, humble, modeste, obéissante et ornée des naïves vertus de son âge. Plus tard, comme elle sut bien garder intact le lis de sa virginité! Comme elle dépassait toutes les filles, ses compagnes, par sa piété, par la réserve de sa tenue, son recueillement et la sainteté de toute sa conduite! Puis, quand il plut à Dieu d'unir son sort à celui de Joachim, combien Anne fut une épouse prévenante, respectueuse, laborieuse, charitable et scrupuleusement fidèle à tous les devoirs de son état, vaquant à propos au travail et à la prière. Dieu lui refusa longtemps de devenir mère; elle se soumit humblement à cette épreuve et l'utilisa pour sa sanctification. Mais à l'épreuve succéda une grande joie, car de Joachim et d'Anne, déjà vieux, naquit miraculeusement Celle qui devait être la Mère du Sauveur et, dans l'ordre de la grâce, la Mère du genre humain. C'est sans doute un grand honneur pour sainte Anne, que d'avoir donné naissance à la Mère de Dieu; mais il lui revient beaucoup plus de gloire d'avoir formé le coeur de Marie à la vertu et à l'innocence! L'Église célébrera dans tous les âges la piété maternelle de sainte Anne; la gloire de sa Fille rejaillira sur elle de génération en génération. Le culte de sainte Anne a subi diverses alternatives. Son corps fut transporté dans les Gaules, au premier siècle de l'ère chrétienne, et enfoui dans un souterrain de l'église d'Apt, en Provence, à l'époque des persécutions romaines. A la fin du VIIIe siècle, il fut miraculeusement découvert et devint l'objet d'un pèlerinage. Mais c'est essentiellement au XVIIe siècle que le culte de sainte Anne acquit la popularité dont il jouit. De tous les sanctuaires de sainte Anne, le plus célèbre est celui d'Auray, en Bretagne; son origine est due à la miraculeuse découverte d'une vieille statue de la grande Sainte accompagnée des circonstances les plus extraordinaires et suivies de prodiges sans nombre. Sainte-Anne d'Auray est encore aujourd'hui l'objet d'un pèlerinage national. Wikipedia relève une légende "Anne, La grand-mère des Bretons »". En breton, sainte Anne est surnommée Mamm gozh ar Vretoned », c’est-à -dire la grand-mère des Bretons. Des légendes la décrivent comme originaire de Plonévez-Porzay Gwenc'hlan Le Scouëzec, Guide de la Bretagne page 457, Coop Breizh, Spézet, 1997. Anatole Le Braz publie un récit Magies de la Bretagne, tome 1 - Le Pardon de la mer, page 1088, Robert Laffont, coll. Bouquins », Paris, 1994 dans laquelle Anne est mariée à un seigneur cruel et jaloux, qui lui interdit d’avoir des enfants. Lorsqu’elle tombe enceinte, il la chasse du château de Moëllien. Son errance avec la petite Marie la conduit à la plage de Tréfuntec où l’attend un ange, près d’une barque. Selon la volonté de Dieu, l'ange l'amène jusqu’en Galilée. Bien des années plus tard, Marie épouse Joseph et devient la mère du Christ. Anne revient en Bretagne pour y finir sa vie dans la prière et distribue ses biens aux pauvres. Toujours selon cette légende, le Christ vient lui rendre visite, accompagné de ses disciples Pierre et Jean, et lui demande sa bénédiction, avant de retourner en Terre sainte. Son corps aurait disparu après sa mort, mais des pêcheurs auraient retrouvé une statue à son effigie en baie de Douardenez. Celle-ci, installée près de l'endroit où Jésus avait fait jaillir une source, est devenue le but du plus ancien pèlerinage consacré à Sainte Anne et a pris le nom de Sainte-Anne-la-Palud. Le Grand Pardon qui, depuis l'antiquité, rassemble des milliers de pèlerins, le dernier week-end d'août de chaque année, est certainement le plus authentique et le plus ancien d'Armorique. Dans la mythologie du monde celte, une "divine Ana" di-ana était déjà réputée pour être la mère de tous les dieux et l'épouse d'un dieu-père jupitérien un caractère comparable à celui du Jupiter classique. Cette grand-mère, incarnation de la Terre elle-même, était surnommée Matrona, "la Mère divine". "Appelée Ana ou Dana en Irlande, Anna ou Dôn en Galles, elle s'est maintenue comme Ste Anne, la 'Grand-mère de tous les Bretons', en Armorique. [...] "le sol, la terre", [...] une incarnation de la Terre elle-même, ce que confirment son autre appellation fréquente -Ana - 'la Mère, la Nourrice' - sa présentation comme celle qui assure la nourriture des occupants du monde. En Irlande, "son souvenir s'est perpétué jusqu'à nos jours dans la tradition orale qui situe en effet sa cour féérique - Seanhaile Anann, l'antique Cour d'Ana' - toutes les nuits près de Waterford en Leinster. [...] En Armorique, le culte d'Anne, la grand-mère du Christ, ne date, à ce que l'on sait, que du XIIe siècle et son nom n'est attesté plus anciennement que par l'anthroponymie et la toponymie. Le succès de ce culte n'en a pas moins été si important qu'il a valu à Anne le titre de patronne officielle du pays et celui, populaire, de Mamm Gozh ar vretoned, la 'Grand-Mère, Ancêtre des Bretons. Connaissant le satut divin éminent d'Ana/Dana en irlande et d'Anna/Dôn au pays de Galles, on ne peut croire que ce ne soit là qu'une 'coïncidence miraculeuse', d'autant plus que déjà l'Antiquité celte, une 'divine Ana', Di-Ana, était déjà réputée comme grande Mère de tous les dieux et épouse du dieu-père identifié à Jupiter..." Claude STERCKX, La mythologie du Monde celtique, Poche Marabout, Allemagne 2014, p. 218-219 L'historienne Anne Bernet évoque elle aussi dans son livre Clovis et le Baptême de la France, un lien entre Ste Anne et la religion primitive de la Gaule. Elle indique non pas que sainte Anne serait originaire de Bretagne, y aurait vécu avant d'aller en Galilée, puis serait revenue en Bretagne, mais que "le culte d'une déesse-mère chtonienne, maîtresse de la vie et de la mort, associée à l'agriculture, protectrice des troupeaux et des chevaux, parfois identifiée à la lune, aux sources, au feu, et guérisseuse" était répandu en Gaule. Ce qui est étonnant, c'est que sainte Anne était déjà connue et vénérée chez nous en France, avant l'apparition du christianisme. "Elle est ainsi évoquée, écrit Anne Bernet, selon les lieux et les circonstances, sous le nom d'Epona ou de Rigantona...; sous le nom d'Anna ou de Dana, aïeule des dieux et des hommes... ; et parfois sous ceux de Belisima la 'Très Brillante' ou de Rosmerta. C'est encore sous une autre appellation, la 'Vierge qui enfantera', que la connaissent les druides du collège national de la forêt des Carnutes. Encore très populaire aux premiers temps du christianisme, la déesse a été convertie. Le sanctuaire de la 'Virgo paritura' correspond à la cathédrale de Notre-Dame de Chartres; tant la croyance des Carnutes en la Vierge-Mère était propre à annoncer le mystère de l'Incarnation. Les sanctuaires d'Anna sont devenus ceux de sainte Anne, aïeule elle aussi, mais du vrai Dieu, et que les Bretons nomment toujours 'Mamm Goz', grand-mère". La fête de Sainte Anne, la grand mère de Jesus-Christ, en Bretagne. "Marie aime la France, elle lui a envoyé les amis de son coeur, Lazare, Marthe et Marie-Madeleine, et lui a confié les reliques de sainte Anne sa mère. La cathédrale Sainte-Anne d'Aprt, dans le Vaucluse, l'une des plus anciennes églises d'Occident à avoir mis en honneur le culte d'Anne, détient une partie de ses reliques rapportées d'Orient. Celles qui se trouvent en Bretagne, notamment à Sainte-Anne d'Auray, en Italie, au Canada, proviennent d'Apt." Père Marie-Antoine de Lavaur, Les Grandes Gloires de Saint Antoine de Padoue, Éditions du pech, Toulouse 2016, pp. 27-28. Sources 1; 2; 3 Claude STERCKX, La mythologie du Monde celtique, Poche Marabout, Allemagne 2014, p. 218-220; 4 Anne Bernet, Clovis et le Baptême de la France, Editions Clovis, 1995, p. 28-30. Publié par Ingomer - dans Saints du jour
PARDONDE STE-ANNE-LA-PALUD se déroulera du Samedi 28 Août 2021 au Mardi 31 Août 2021 à Plonévez-porzay (29550) - Finistère sud Idées Évènement religieux à Plonévez-Porzay Idées Fête et manifestation à Plonévez-Porzay Envie de sortir près de Plonévez-Porzay ? Vous pourriez voir les : Sorties à Locronan 1 km Sorties à Plogonnec 3
Le Pardon de Sainte-Anne-la-Palud, Eugène Boudin Le Pardon de Sainte-Anne-la-Palud, Eugène Boudin - 1858 Né à Honfleur et formé au Havre, Eugène Boudin 1824-1898 découvre la Bretagne en 1855 et y séjourne de manière régulière pendant trois ans. Séduit par le pittoresque de la région, il s'intéresse à la vie simple des paysans du Finistère et se révèle un témoin attentif de leur mode d'existence. Lors de son second séjour, effectué en 1857, l'artiste assiste au spectacle du pardon de Sainte-Anne-la Palud, l'une des fêtes religieuses et populaires les plus importantes de la région, qui se tient traditionnellement le dernier week-end d'août. Il voit là l'occasion de peindre son premier tableau de Salon. Boudin fait de nombreux croquis de cet évènement. Privilégiant l'aspect profane de la fête et - sacrifiant ainsi au goût du public de l'époque -, il représente la foule qui campe dans la grande plaine, tout occupée à la préparation d'un déjeuner champêtre, et relègue à l'arrière-plan, dans le lointain, la chapelle autour de laquelle se réunissent les pèlerins. L'artiste décrit avec précision les costumes régionaux, les coiffes blanches des femmes, les objets de la vie quotidienne. L'œuvre est présente au Salon de Paris de 1859, où elle est remarquée par Baudelaire, qui en parle comme d'"un fort bon et fort sage tableau". Premier envoi de l'artiste, cette peinture marque son entrée sur la scène artistique officielle. La ville du Havre, qui soutient Boudin depuis 1851, acquiert la toile en 1860 pour la somme de 500 francs, un montant important si l'on considère que les natures mortes et les paysages se négociaient alors autour de 50 francs. Unique dans la carrière du peintre, - à partir de 1863, Boudin enverra au Salon des marines et des scènes de plage -, le Pardon de Sainte-Anne-la-Palud au fond de la baie de Douarnenez Finistère marque la fin de ses années de formation. Source Musée d'art moderne André Malraux Le Havre Florian Kleinefenn
LeGrand pardon est de retour sur la dune Le sanctuaire de Sainte Anne-la-Palud, à Plonévez-Porzay, attend, ses fidèles pèlerins, entre samedi 28 et mardi 31 août. On reverra les beaux costumes
Portrait de l'artiste .Fred Josett , artiste peintre , dit d'Alain Grisel Alain a tôt su qu'il serait peintre et qu'il mettrait toutes ses forces à le devenir .'' On est pas sérieux quand on a dix sept ans '' disait le poète et c'est pourtant à cet âge des heureuses déraisons qu'il mit résolument le pied sur l'Île ad hoc un peintre avait jeté l'ancre .Il s'engagea dans un dialogue avec le monde d'une voix qui jusqu'alors lui avait manquée et qu'il continue encore de pratiquer quelques cinquante six ans plus tard .Sa peinture figurative chemine de paysages en personnages . Les autres sont souvent les témoins de nos petites histoires , gardiens plus ou moins volontaires qui les magnifient . Alain est un de ces témoins qui borde au lit de sa toile ces étrangers , ces bienvenus qui peu à peu nous deviennent plus familiers .Une peinture aux accents de bienveillance comme un rempart au cynisme ambiant . Un acte solitaire , une apnée où il va puiser sa couleur et nous revient à la lumière toujours bien accompagné . On pourrait croire qu'il a appris son métier de peintre pour satisfaire l'enfant qu'il est resté .
Néà Honfleur et formé au Havre, Eugène Boudin (1824-1898) découvre la Bretagne en 1855 et y séjourne de manière régulière pendant trois ans. Séduit par le
Chaque année, le dernier week-end d’août, se déroule le pardon de Sainte Anne la Palud à Plonévez-Porzay. Le lundi suivant, une messe au sacrement des malades est donnée, et les EHPAD des environs y sont conviés. Avec l’aide des bénévoles en charge de la messe aux Collines Bleues et des animateurs, un groupe de 12 résidents a pu s’y rendre. Le goûter a ensuite été offert. Chaque année, les résidents qui le désirent peuvent aller au pardon de Sainte Anne la Palud. Partager la publication "Pardon de Sainte Anne La Palud"
Plusde 4 000 pèlerins au pardon de Sainte-Anne La Palud, à Plonévez-Porzay Publié le 31 août 2021 à 19h15 Plus de 4 000 pèlerins ont participé au pardon de Sainte-Anne, avec croix et bannières et
Les pardons et troménies en BretagnePardonioù ha trovenioù e Breizh * Inventaire du patrimoine culturelimmatériel en France Procession du dimanche après-midi lors du grand pardon de Notre-Dame de Kerdévot en Ergué-Gabéric Finistère. Domaine Pratiques rituelles Lieu d'inventaire Bretagne historique * Descriptif officiel Ministère de la Culture France Un pardon est une forme de pèlerinage principalement rencontrée en Bretagne. Un pardon est organisé à une date fixe récurrente, dans un lieu déterminé et est dédié à un saint précis. Le pardon comporte une messe et une procession en extérieur vers un lieu sacré suivant un parcours déterminé. Les reliques du saint et bannières font partie de la procession. Certaines processions peuvent être particulières certaines sont circulaires les troménies, d'autres peuvent avoir un parcours en mer. Ce rituel religieux les fêtes de l'âme » comme les décrivait l'écrivain Charles Le Goffic est généralement accompagné de pratiques et croyances traditionnelles d'inspiration peu orthodoxe dévotion et médecine populaires, prophylaxie du bétail, tantad[Note 1], recherches de présages, etc., de fêtes profanes boutiques de plein vent, lutte bretonne, débit forain, jeux traditionnels et ses plaisirs collectifs parmi lesquels, en bonne place, la danse et la musique bretonne[1]. Une bénédiction dédiée, en fonction du saint vénéré et des vertus qui lui sont attribuées, et à destination d'un type de personne exemple le pardon de Saint-Yves pour les avocats, d'animal pardon des chevaux, pardon des bovins de Saint-Herbot, de Pluméliau ou d'objet précis, peut être faite durant un pardon. Parallèle aux indulgences, les pardons apparaissent au XVe siècle, connaissent un essor à partir de la Renaissance, puis perdent de leur importance au XVIIIe siècle pour renaître sous leur forme actuelle au XIXe siècle. Du fait de leur impact sur un lieu venue de nombreux pèlerins, ils sont parfois liés à une foire, un fest-noz... ; leur attrait économique et touristique peut être important. Le nombre précis de pardons est mal connu, le chiffre de 2000 pardons étant généralement retenu bien que la pratique soit en baisse, ou ne survive que par la fête laïque. Les pardons ne doivent pas être confondus avec les simples pèlerinages dédiés à un ou plusieurs saints et réalisés à n'importe quelle date, tels que le Tro Breiz ou le pèlerinage de Saint-Jean-du-Doigt. Définition Jean-Michel Guilcher définit le Pardon comme étant une fête qui se tient à date fixe en un lieu consacré pour honorer et prier le saint patron du lieu » et l’un des fondements de la vie religieuse et sociale des Bretons »[2]. Bernard Rio note que la particularité du Pardon est de participer à une double culture, chrétienne et celtique, de se rattacher à un espace, la paroisse, et à un temps, la fête du saint, qui s'enracinent dans un passé à la fois mythique et historique. » Il présente en ces termes les Pardons La Bretagne est le pays des Pardons. Depuis des temps immémoriaux, chaque année les hommes se rassemblent autour des six mille chapelles qui maillent le paysage et la culture de la Bretagne. Défiant les modes, ils y célèbrent huit cents saints légendaires dotés de pouvoirs mystérieux et avec lesquels ils entretiennent des relations bien particulières. Davantage qu'un pèlerinage, le Pardon breton mélange la fête religieuse et la foire profane. Les Pardonneurs se prêtent à des rites et à des pratiques que l'église a parfois mais en vain tenté d'interdire au cours des derniers siècles triple circumambulation autour du sanctuaire, baiser des statues et des reliques, ablution aux fontaines, accolement de mégalithes, embrasement de bûchers[Note 2], offrandes et invocations, chants et danses, jeux... » — Bernard Rio, Pardons de Bretagne, éditions Le Télégramme, 2007, ISBN 978-2-84833-184-3D'après Bernard Rio, il y aurait actuellement plusieurs milliers de pardons » en Bretagne[3] ; le chiffre de 2000 étant avancé et retenu par l'inventaire du patrimoine culturel immatériel en France[4], dont 800 dans le Finistère[5]. Historique Le mot pardon » provient de l'idée de pénitence permettant de recevoir des indulgences le jour dédié au culte d'un saint. Cette idée de pardon a, au cours de la fin du Moyen Âge, donné son nom à l'événement, qui conserve sa démarche pénitentielle et votive[2]. c'est au XVe siècle que les pardons se développent.[6]. Les pardons sont alors dédiés à des lieux précis. La création de foires à l'occasion de pardons pouvait être soumise à autorisations au XVe et XVIe siècles du fait de leurs critiques quant à la démarche païenne ou d'ambiance de débauche[2], dénoncée notamment par le prédicateur Julien Maunoir au XVIIe siècle Ces pardons, qui consistent en des indulgences que les évêques donnent à ceux qui visitent, aux jours marqués, certaines chapelles ou certaines églises, et récitent certaines prières, sont fort courus en Bretagne. Mais quoique saints dans leur institution, ils étaient devenus, dans ce pays-là , par la corruption du siècle, des espèces de foires pour le négoce, et des rendez-vous de danses et de débauche. De sorte qu'il y avait lieu de douter s'il n'y eût pas mieux valu abolir ces pratiques de dévotion pour en ôter le scandale, que de les tolérer pour entretenir la piété du peuple[7]. » Au pardon de Plédéliac, on va à deux, on revient à trois » dit le dicton. Le pardon de la chapelle de la Trinité à Plozévet durait trois jours ; il s'achevait par une grande foire. En 1642, on rapporte la présence de 4 000 pèlerins[8]. Le XVIIIe siècle et la période révolutionnaire mettent à mal les pardons. La piété de la seconde moitié du XIXe siècle multiple les pardons, chaque fête patronale devant un pardon[2]. La ferveur actuelle provient de cette époque[2]. Jusqu'au milieu du XXe siècle, les grands pardons se déroulaient le jour consacré au saint et non un dimanche proche comme aujourd'hui[6]. Certains pardons ont été créés récemment, comme le pardon islamo-chrétien du Vieux-Marché, créé en 1954 ou le pardon à la Madone des Motards de Porcaro, créé en 1979[9]. En mai 2020 les pardons ont été inscrits à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel en France à l'initiative de Bretagne Culture Diversité[10]. Organisation Alfred Guillou, Arrivée du pardon de sainte Anne de Fouesnant à Concarneau, 1887Les pardons ont souvent lieu entre mai et octobre[11].Pardon à Botmeur après avoir quitté l'église en procession, les fidèles sont arrivés à la croix de mission. Autrefois, et parfois encore de nos jours, les fidèles se dirigeaient à pied vers le lieu d'un pardon sous forme de pèlerinage[12]. D'autres pardons sont très locaux, liés à un quartier ou un hameau[5]. Le pardon en lui-même comporte au moins une messe et une procession, trajet entre l'église et un lieu déterminé. La messe et la procession peuvent avoir à des moments différents de la journée[6]. Des messes peuvent aussi avoir lieu la veille ou après le pardon et comprennent ou non une célébration eucharistique[6]. Une bénédiction dédiée peut avoir lieu suivant le type de pardon. Le lieu d'arrivée de la procession est immuable. Il est marqué ou non par une construction calvaire, église, fontaine sacrée, menhir, route.... Ce déplacement processionnaire est un aller-retour[2] ou est circulaire troménie, parfois ponctué de haltes ou de petites processions circulaires autour d'une construction, parfois répétitivement[2]. La procession comprend dans l'ordre une croix de procession, la bannière du saint du lieu, les croix et bannières des paroisses ou congrégations voisines puis enfin les reliques du saint, entourées par le prêtre responsable de la cérémonie et des autres religieux[2]. La foule accompagne la procession en chantant, en français, latin ou breton[6]. Certains pardons voient tout ou partie de leur parcours se faire en mer, sur des bateaux décorés[9], tel le pardon des Terre-Neuvas à Saint-Malo qui, après s'être arrêté en 1966, a repris en 2018[13]. La présence d'une fontaine est très fréquente. La fontaine permet aux hommes et aux animaux de se désaltérer, mais l'eau peut être bénie, notamment par immersion temporaire d'une relique, afin d'acquérir des vertus médicinales[2].Rassemblements de foules, les pardons sont également l'occasion de foires La Martyre, Kerdévot en Ergué-Gabéric, Le Folgoët attirant des étrangers au Moyen Âge[2], une fête foraine, un fest-noz[9]... Mais globalement, la pratique est en baisse de nos jours, certains pardons ne survivent que sous la forme d'une fête non-chrétienne une kermesse ou une fête foraine ; cela est dû à la perte de vitesse de la pratique chrétienne, à l'exode rural ou aux néoruraux, à la baisse du nombre de bénévoles ou leur vieillissement[4],[14]. Émile Souvestre a fait, dans la première moitié du XIXe siècle, cette description synthétique des grands pardons Les grands pardons durent au moins trois jours, et les paroisses voisines s'y rassemblent avec un empressement où la religion et l'amour du plaisir ont peut-être une part égale. La veille, on surcharge d'ornements les autels ; on revêt les Saints du costume du pays, on dépose à leurs pieds les offrandes qu'on peut leur faire et qu'on apporte sur un brancard entouré de rubans et de fleurs, précédé par le tambourin du village, au bruit des cloches sonnées à toute volée, et des chants de joie de la multitude. Toutes les têtes se découvrent au passage de ces offrandes qui sont, tantôt du beurre ou des œufs, tantôt des oiseaux, surtout des poules blanches. À l'issue des Vêpres, la procession sort de l'église avec ses bannières, ses croix et ses reliques, que portent sur des brancards, après en avoir acheté le droit, des hommes en bonnet blanc, en chemise de même couleur, ceints d'un ruban de couleur vive, et escortés de gardes costumés. Après les reliques, viennent les porteurs de bâtons coloriés, surmontés de divers Saints sculptés plus ou moins artistement, puis une multitude d'enfants avec des clochettes qu'ils agitent de toutes leurs forces. Quand la procession est arrivée à la croix du cimetière, le vieillard le plus vénérable prononce, au pied de la croix, la prière pour les morts et la rénovation des promesses du baptême. Après cette procession, des pauvres accourus à la fête font, moyennant un prix débattu, le tour de l'église à pied ou à genoux, en récitant le chapelet[15]. » Types de pardons La Bretagne compterait 1200 pardons, la plupart locaux[12]. Les pardons ont une taille différente suivant le saint et la zone d'influence de celui-ci, allant du pardon à un saint vénéré dans un endroit unique aux grands pardons liés aux saint principaux de Bretagne saint Yves, sainte Anne, Notre-Dame[6]. Le plus grand est celui de sainte-Anne-d’Auray[16] avec 15 000 à 20 000 participants pour le pardon, et 500 000 et 700 000 visiteurs du sanctuaire par an[17]. La finalité des pardons peut aussi influencer la fréquentation. Certains pardons sont en effet réputés pour telle ou telle vertu miraculeuse ou telle ou telle dévotion et font l'objet de rites précis rites liés aux personnes des malades afin de conjurer leur maladies, par exemple au pardon de Notre-Dame de Rumengol[6] ; des corporations, comme celle des avocats au pardon de saint Yves à Tréguier[6]. rites liés aux animaux nombreux pardons aux chevaux[6] ; imploration pour préserver les vaches de la maladie. À Saint-Herbot, les agriculteurs font un dépôt conjoint sur les autels de la chapelle de queues de vaches et de mottes de beurre[6] ; pardons des oiseaux le plus célèbre fut le pardon de Toulfoën, mais il en a existé d'autres comme ceux de la chapelle Saint-Barnabé à Plourhan[18], des chapelles Saint-Jean de Plougastel-Daoulas et de Saint-Vougay[19]. bénédiction d'objets bénédiction des bateaux au pardon de Saint-Jacques, à Locquirec[9] ; bénédiction de motos lors du pardon à la Madone des Motards de Porcaro, créé en 1979[9] ; pardon des camping-caristes à Malestroit[4] depuis 2012, un pardon des surfeurs est organisé à la chapelle de Tronoën[20]. Il existe un pardon inter-religieux, le pardon islamo-chrétien du Vieux-Marché, créé en 1954[9]. De nos jours, c'est plus la ferveur d'un rassemblement ou le maintien d'une tradition qui motive les participants d'un pardon, plus que la foi[17]. Les pardons mud "muets" sont plus rares les fidèles doivent observer le silence. Arrivés à la chapelle, ils doivent en effectuer trois fois le tour, dans le sens des aiguilles d'une montre et, contrairement aux autres pardons, aucun prêtre n'officie » ; de tels pardons existent encore, par exemple à Ty Mamm Doué en Quimper et à Kerdévot en Ergué-Gabéric ; cette coutume remonterait aux cultes celtiques antérieurs au christianisme[21]. Les troménies sont des pardons dont le parcours est circulaire, passant par différentes étapes. La plus célèbre est celle de Locronan, avec tous les ans la petite troménie » 4 kilomètres et tous les six ans la grande troménie » 12 kilomètres durant laquelle les fidèles se succèdent pendant une semaine[22]. Descriptions de pardons La piété Cette description d'un pardon date de 1894 Tous les villages, en Bretagne, ont leurs pardons, et non point tous les villages seulement, mais toutes les chapelles, tous les oratoires et quelquefois jusqu'aux simples calvaires eux-mêmes. Le Braz raconte qu'en allant en voiture de Spézet à Châteaulin, il vit, sur le bord du canal, à l'endroit où la route franchit l'Aulne, une grande foule assemblée "Que fait-là tout ce monde ?" demanda-t-il au conducteur. "C'est le pardon de Saint-Iguinou" lui répondit-on. il chercha des yeux la chapelle, il ne la vit pas. Il y avait seulement, en contre-bas du pré, une fontaine que voilaient de longues lianes pendantes et, un peu au-dessus, au flanc du coteau, dans une excavation naturelle en forme de niche, une antique statue sans âge, presque sans figure, un bâton dans la main, dans l'autre un bouquet de digitales fraîchement coupées. Nul emblème religieux, pas l'ombre d'un prêtre. Le recueillement cependant était profond. C'étaient les fidèles eux-mêmes qui officiaient… »[23]. Exemples de déroulements de pardons Tancrède Martel fait en 1897 cette description du pardon de Plougastel-Daoulas Sur la route, pas une âme. Tout le monde est à la procession. Devant un humble débit de cidre, deux enfants, gardiens de la maison, lutinent un gros chien. Cependant la sonnerie de cloches redouble. ... Une longue file d'hommes, de femmes et d'enfants, un millier d'êtres ondulent entre les deux ornières, viennent à moi. Au-dessus des têtes, se montrent la croix de l'église paroissiale, les bannières des confréries. De loin cela rappelle à s'y méprendre les saisissants cortèges du Moyen Âge quand toute une ville allait, en un pèlerinage fameux, supplier le saint d'intercéder en faveur de la cité. .... On ne m'a point trompé les riches vêtements de fête, aux couleurs éclatantes, aux broderies originales et laborieusement ouvrées, passent sous mes yeux, comme la plus extraordinaire débauche de couleurs, le plus bariolé des rêves. ... En tête, portant les plus belles bannières, ou tenant dévotement les glands et les cordonnets, marchent les anciens, les patriarches du village, groupe inoubliable et superbe. Vingt ou trente vieillards, presque tous octogénaires, et dont les cheveux flottants, telles les chevelures dénuées des aïeules, blanches comme l'argent ou la neige, cachent le dos et les épaules et ne s'arrêtent qu'au bragou-bras, ou large braie du pays. ... Des costumes vénérables ... assemblage exquis de vestes bleu de ciel ou brunes, de culottes bouffantes en velours rouge ou vert, de vastes chapeaux enjolivés de rubans noirs, d'épais ceinturons en cuir blanc, sur la large plaque desquels apparaît la croix, le double cœur ou la face d'un saint local ... À ce fouillis surprenant de nuances masculines, vient bientôt s'ajouter celui des costumes de femmes les jupes jaunes ou écarlates s'étageant sous l'ample robe de coupe surannée mais encore élégante ; les tabliers de laine ou de soie, les mouchoirs brodés en batiste ou en mousseline, et les blanches coiffes ornées de dentelles, et dont les barbes tombent sur les épaules, avec une incomparable majesté. ... La cloche maintenant s'arrête. Avec un bruissement de chapelets et de crucifix de cuivre, un exquis bourdonnement de voix enfantines, la procession s'éloigne, dévale la lande et disparaît à l'horizon. Elle s'en va vers Roc'hquilliou et s'en reviendra par Roc'hquérézen. Elle fera ainsi le tour de la presqu'île et la ferveur de chaque hameau l'accompagnera de ses regards[24] » Georges Philippar a décrit ainsi le pardon de Sainte-Anne à Fouesnant pendant la Première Guerre mondiale dans un texte daté du 28 juillet 1918 Comme de coutume, on est venu de loin, en voiture, à pied, voire même sic en bateau, de Concarneau et de Rosporden, de Bénodet et de Quimper, d'Elliant et de Clohars, de Saint-Evarzec et de Pont-l'Abbé, de Melgven et de Perguet, de Mousterlin et de Saint-Ivy ; mais cependant c'est la guerre, l'affluence est moins considérable que jadis. ... Tout autour, grand concours de peuple, véritable foule qui se presse, et parfois se bouscule légèrement. Beaucoup de beaux costumes bretons. Les couleurs foncées dominent naturellement. Les cols et les coiffes, avec leurs rubans variés, font des taches blanches, claires ; les tabliers relèvent l'ensemble de leurs notes gaies. Les hommes ont maintenant des coiffures bien différentes de celles d'autrefois. Elles ne s'ornent plus de rubans de velours pendant par derrière sur les épaules. La calotte, particulièrement haute, de ces chapeaux nouveau style, est ceinte de velours noir plis haut encore, rehaussé d'une boucle d'argent. Beaucoup d'enfants. ...[25]. » Pardons des chevaux et des bovins Les pardons des chevaux ont comme saint patron saint Éloi à Quistinic, Guiscriff, Guidel, Louargat, Saint-Péver, Plérin, Bothoa, Ploudaniel, Plougastel-Daoulas, Montauban-de-Bretagne ; saint Alar à Paule, Plouarzel, Plozévet, Lanhouarneau, Landébia ; saint Télo à Landeleau ; saint Hervé à Gourin, Pédernec ; saint Gildas à Penvénan ; saint Salomon à Plouyé. Les pardons des chevaux changent donc de saint patron selon les paroisses[26]. Le journal La Croix du 12 avril 1940 décrit ainsi les "Pardons aux chevaux"[27] Cornouaille, Poher, Léon, Tréguier, Goëlo, Vannes ont leur "Pardons de chevaux", anciens ou de création plus récente comme Baye, Guilligomarc'h. Mais que ce soit à Saint-Hervé en Gourin, à Ploudaniel et Brélès en Léon, à l'île Saint-Gildas face à Penvenan en Trégor où les cavaliers à marée basse rivalisent de vitesse pour y accéder, entrant parfois à cette fin dans le flot à peine retiré de même qu'à l'île Saint-Maudez, à Saint-Gildas de Carnoët en pays carhaisien, à Guiscriff où sont offerts en ex-votos de petits chevaux de bois, à Merlevenez, au Drennec en Clohars-Fouesnant, ou tout autre lieu sacré, le coup d'œil, dans le matin printanier, estival ou même automnal, bien que l'époque la plus généralisée soit la Saint-Jean d'été, est des plus curieux, de ces pèlerins d'un genre spécial accourant nombreux, par centaines, des fermes et des villages. Ils arrivent à nu, bien étrillé, un flot de ruban à l'œillère, la queue tressée avec paille et ruban ou caparaçonnés de dentelles, de guipures blanches posées sur des transparents de couleur ». Ainsi les décrit à Merlevenez Madeleine Desroseaux dans Bretagne inconnue. En Poher, la couverture du lit de laine verte fait tous les frais. Généralement ces chevaux sont montés gars solides et décuplés du Léon, plus trapus de Cornouaille, petits et maigres de la Montagne, nerveux et fins de Vannes, tous vêtus hier » encore de leur costume national bleu glazik richement brodé, noir garni de larges velours ou sobre de tout ornement, ainsi qu'en Poher. » Où que se déroule le Pardon, le rite diffère peu, du moins dans sa forme essentielle. Le premier soin des cavaliers est de faire opérer à leurs bêtes trois fois le tour de l'église ou de la chapelle en marchant contre le soleil, a eneb an heol », les dirigeant donc par le côté de l'Évangile[28] pour finir par celui de l'Épître[29], sens différent des processions ordinaires. Selon la dévotion du lieu, ce rite a été précédé, de la part du maître de l'animal, d'une offrande au saint patron quelques pièces de monnaie, une poignée de crins, une queue entière. Ces crins seront ensuite vendus aux enchères, au profit de l'église. » Voici venu le moment de se rendre à la fontaine. Le trajet s'effectue librement ou en procession. La pieuse cavalerie est alors précédée, ou suivie, selon la coutume de l'endroit, des croix et bannières que, seuls, à l'exclusion des femmes, les hommes ont le privilège de porter ce jour-là . Quelquefois le tambour précède le cortège comme à Naizin, pour de rendre aux trois fontaines de Saint-Côme, Saint-Damien et de la Vierge. Il serait oiseux d'insister sur le pittoresque de ce défilé où chevaux de races et d'usages différents, suivant le travail auquel ils sont soumis, trait ou selle, et la contrée d'où ils viennent, souvent de loin, manifestant chacun d'après son caractère, ses habitudes ou son absence de discipline. ... Enfin on arrive à la fontaine. ... De vieilles femmes y sont déjà à leur poste elles ont descendu les degrés, et par-dessus le muretin de pierre courant, à l'ordinaire, autour du bassin, présentent aux cavaliers, contre menue monnaie, des écuelles pleines d'eau qu'ils déversent sur le dos, la croupe, les jambes, la poitrine, les oreilles de leurs destriers, en priant saint Éloi, le grand patron des chevaux. Ainsi que tout à l'heure autour du sanctuaire, c'est maintenant autour de la fontaine que se feront les trois tours rituels, toujours à l'encontre du soleil. Les prescriptions du pèlerinage accomplies, les bonnes bêtes prennent, en sens inverse, le chemin du retour pour la bénédiction qui va leur être donnée sur le placître même de l'église[30]. » Des "Pardons de bovins" existaient également Le journal La Croix fait en 1940 cette description du "Pardon aux bovins" de Saint-Herbot[31] Saint Herbot, patron du lieu, ne se doit pas seulement de protéger les bovins, pour la prospérité desquels, au jour du Pardon, sont déposées en offrande les queues de ses clients sur une table de pierre placée, à cet effet, à gauche de l'autel. Ces queues, de même que les bêtes offertes au saint, en tout ou partie, sont vendues aux enchères au profit de la chapelle. Le bon saint, couché dans sa robe monacale, sur son tombeau de granit, les pieds s'appuyant à un lion de pierre, doit encore veiller au produit des laitières et leur procurer du beurre, en qualité et quantité. Voici la traduction littérale d'une formule dont nous ne garantissons pas l'orthodoxie, mais réputée propre à obtenir beaucoup de crème, moyennant que sa récitation se fasse en même temps que la traite[32]. » Seigneur saint Herbot béni Du fond du cœur je vous prie De répandre votre bénédiction sur le lait que je traie Pour que s'élève beaucoup de crème À contenter mes bourgeois Et à la fin de l'année Je vous promet un veau… Saint Cornély et saint Ronan étaient aussi invoqués pour les bovins. Lors du pardon de saint Éloi à Quistinic, le prêtre récite la prière traditionnelle suivante Seigneur, notre Dieu, que ces chevaux que protège saint Éloi, et les bovins que protège saint Cornély, les agneaux que protège saint Jean-Baptiste, les brebis que protège saint Drogon, les chiens de chasse que protège saint Hubert, les porcelets que protège saint Antoine, les coqs que protège saint Gall[Note 3]. et les chats que protège sainte Gertrude reçoivent ta bénédiction ; et que les personnes qui possèdent ces animaux, en tirent profit, les font travailler ou dont ils sont les compagnons... et que toutes les personnes présentes reçoivent ta bénédiction[33]. » L'ivresse et les débordements lors des pardons Les beuveries lors d'un pardon breton. Pardon breton vers 1876 dessin de Penguilly. En 1897,Charles Le Goffic analyse en ces termes la fréquence de l'ivresse lors des pardons Le caractère du pardon, c'est qu'il est d'abord une fête religieuse. On y vient par dévotion, pour se racheter d'un péché, quémander une grâce ou gagner des indulgences. La grand'messe, les vêpres, la procession, le salut et les visites au cimetière prennent les trois-quarts de la journée ; le reste est pour l'eau-de-vie. Mais l'ivresse même a quelque chose de grave et de religieux chez ces hommes ; elle prolonge leur rêve intérieur et l'élargit jusqu'au mystère. Les soirs de "pardon", en Bretagne, sont aussi les soirs d'évocations et de rencontres surnaturelles. Dans l'alanguissement des premières ombres, sur cette terre baignée de tristesse, il se lève des talus et des landes une impalpable poussière d'âmes, les "anaon", les étranges revenants du passé. Leur murmure berce la démarche titubante des pèlerins ; ils l'entendent dans le bruit des feuilles et, machinalement leurs lèvres molles achèvent dans une éructation le Pater interrompu. Cet idéalisme orgiaque n'est pas ce qui étonne le moins les étrangers qui assistent à un "pardon". J'en ai vu qui détournaient la tête avec dégoût. Mais c'était les mêmes qui souriaient au passage de la procession à l'air de gravité recueillie dont ces pauvres gens accompagnaient la croix paroissiale. Comment auraient-ils pu distinguer entre l'ivresse ordinaire et l'espèce de trouble qui fermente, à certaines heures, dans ces cerveaux en mal d'infini ? »[23] Laurent Tailhade a écrit Ici, la foi cohabite avec la pochardise. …. Des groupes d'ivrognes étançonnés l'un à l'autre …. Les voitures du pays chars à bancs, jardinières, tape-culs, au triple galop de leurs bêtes chargées d'avoine, emportent vers le Pardon un chargement effroyable de chrétiens avinés »[34]. L'honneur de porter la croix de procession ouvrant le cortège fait que certaines personnes se livrent à des exploits sportifs » pour l'obtenir[35]. Les pardons, fête laïque Mendiants bretons vers 1854 dessin de Penguilly. Bonimenteurs lors d'un pardon dessin de 1935. Le journal Ouest-Éclair écrit dans sa description du pardon de Saint-Herbot en 1906 Les touzerien-bleo ou "tondeurs de cheveux" ont fait une bonne récolte au pardon de Saint-Herbot. Les jeunes filles de Plonévez, de Collorec et de Plouyé affluaient dans leurs boutiques pour y troquer le voile naturel de leur tête contre quelque mouchoir ou foulard de couleur voyante ou autre menu colifichet »[36]. Cliquez sur une vignette pour l’agrandir. Principaux pardons Certains d'entre eux se déroulent à l'occasion de fêtes religieuses, comme l'Assomption, le 15 août, par exemple à La Clarté en Perros-Guirec ou à l'abbaye du Relec en Plounéour-Ménez. Les pardons dédiés à la sainte Mère de Dieu sont d'ailleurs les plus nombreux, suivis par ceux de sa propre mère, sainte Anne Sainte-Anne-la-Palud, Sainte-Anne-d'Auray, patronne de la Bretagne. Cependant la plupart honorent des saints locaux en raison de leur capacité à soigner ou à protéger telle ou telle catégorie de personnes ou d'activités pardon de saint Gildas, dit des chevaux, au début du mois de juin, dans le Trégor, ou de saint Guirec pour les filles à marier, pardon du saint patron de chaque paroisse, pardon de la mer pour les marins, etc. Le pardon de saint Yves, à Tréguier, honore, quant à lui, le patron de toutes les professions juridiques son rayonnement est aujourd'hui international puisque des milliers de pèlerins, officiels ou anonymes, affluant de tous les pays du monde, processionnent avec humilité et ferveur de son tombeau, érigé dans la cathédrale, à la paroisse de son lieu de naissance, en tenues d'avocats, de magistrats, d'évêques, d'universitaires, de membres de confréries… ou en simples croyants. Comme exemple de pardons singuliers, on peut citer le pardon au beurre de Spézet autrefois se pratiquait la quête du beurre dans de nombreuses paroisses du centre de la Bretagne comme Langonnet ou Saint-Herbot où subsiste une "fête du beurre" ou le pardon des motards à Porcaro. Troménies Les troménies de Locronan et de Landeleau sont caractérisés entre autres par des processions de longueur particulièrement importante. D'autres troménies comme celle de saint Goueznou à Gouesnou et de saint Thudon à Guipavas ou celle de saint Conogan dans la paroisse désormais disparue de Beuzit-Conogan étaient également très fréquentées. Dans la culture Culture bretonne et tourisme Les pardons permettent de sauvegarder la culture bretonne, en particulier les messes et cantiques en breton[17]. La présence des pardons dans la culture de Bretagne fait l'objet d'un inventaire participatif par l’association Bretagne Culture Diversité, et ont été inscrits en 2020 à l'inventaire national du patrimoine culturel immatériel en France [5],[14], un premier pas vers une inscription au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO[37]. Les pardons sont un attrait pour le tourisme local, les personnes y venant étant attirées par la randonnée, le site patrimonial ou pour assister à la cérémonie[17]. Dans la peinture Le thème des pardons est assez présent dans la peinture bretonne des XIXe et XXe siècles. Quelques peintures de pardons bretons Procession lors d'un pardon en Bretagne en 1869 Jules Breton. Femmes de Plougastel au Pardon de Sainte-Anne-La-Palud Charles Cottet. Paul Sérusier, Le pardon de Notre-Dame-des-Portes à Châteauneuf-du-Faou, vers 1894 Contes et légendes Au pays des pardons publié en 1894 par Anatole Le Braz, récit de quatre pardons Saint-Yves, le pardon des pauvres Tréguier ; Rumengol, le pardon des chanteurs Rumengol ; La Troménie de saint Ronan Locronan, le pardon de la montagne ; Sainte-Anne de la Palude, le pardon de la mer Sainte-Anne-la-Palud[38]. Notes et références Notes ↑ Tantad signifie "grand feu de joie" en breton. Par exemple l'équivalent du feu de la Saint-Jean à la chapelle Notre-Dame-de-la-Clarté de Perros-Guirec, l'ange pyrophore de la chapelle Notre-Dame-de-Quelven. ↑ Par exemple les feux de la Saint-Jean ↑ À cause de son homonymie en latin, gallus signifie coq Références ↑ Jean-Michel Guilcher, La tradition populaire de danse en Basse-Bretagne, Walter de Gruyter GmbH & Co, 2018 lire en ligne, p. 38. ↑ a b c d e f g h i et j Christiane Prigent Collection de l'Université de Paris I - Panthéon Sorbonne, Les pardons en Bretagne célébrations religieuses et réjouissances profanes », Kubaba, L'Hartmann, vol. 2, no IV,‎ mai 2002, p. 117-123 ISBN 2-7475-2358-6, lire en ligne ↑ Bernard Rio, Pardons de Bretagne, Télégramme, 2007 ISBN 9782848331843, OCLC 180014385, lire en ligne ↑ a b et c Julie Léonard, Les pardons et troménies en Bretagne » [PDF], sur 14 avril 2020 consulté le 6 décembre 2021 ↑ a b et c Nelly Cloarec, Une vaste enquête est menée sur les pardons de Bretagne », Ouest-France,‎ 29 octobre 2018 lire en ligne ↑ a b c d e f g h i et j Marie-Jo Nicolas-Le Ru, Pèlerinages et pardons en Bretagne Au rendez-vous du sacré et du profane », Sklerijenn, no 21,‎ 1999, e16-21 lire en ligne ↑ Antoine Boschet, "Le parfait missionnaire ou la vie du R. P. Julien Maunoir, Paris, 1697 ↑ Steven Lecornu, Les pardons, une spécificité bigoudène, journal Le Télégramme de Brest et de l'Ouest, n° du 4 juin 2020 ↑ a b c d e et f Anne Lessard, Pour le pardon des péchés commis dans l'année », sur consulté le 14 juillet 2016 ↑ Les pardons et troménies inscrits à l’Inventaire national du PCI Bretagne Culture Diversité » consulté le 5 décembre 2021 ↑ Jean-François et Johan, Les grands Pardons de Bretagne - Pèlerinages de France », sur consulté le 29 octobre 2018 ↑ a et b Le grand pardon de Bretagne » consulté le 14 juillet 2016 ↑ Après 52 ans d’absence, Saint-Malo retrouve son Pardon de la mer ! », sur 6 juillet 2018. ↑ a et b Un inventaire pour mieux connaître les pardons bretons », Ouest-France,‎ 1er août 2018 lire en ligne. ↑ Émile Souvestre, Voyage dans le Finistère, cité par Mgr Paul Guérin, Les petits Bollandistes vies des saints. T. V, du 24 avril au 18 mai 1876, consultable ↑ Les pardons bretons - Église catholique en France », Église catholique de France, 13 juillet 2009 consulté le 14 juillet 2016. ↑ a b c et d Le grand pardon de Bretagne », sur La Croix, 15 juillet 2006 consulté le 29 octobre 2018. ↑ ↑ ↑ Soir - Pardon des surfeurs. Bénie soit la glisse », Le Telegramme,‎ 14 septembre 2017 lire en ligne, consulté le 29 octobre 2018. ↑ Journal Le Télégramme de Brest et de l'Ouest , numéro du 13 avril 2019. ↑ La Grande Troménie », sur consulté le 14 juillet 2016. ↑ a et b Charles Le Goffic, Journal Le Gaulois no 5240 du 21 juillet 1894, consultable ↑ Le Figaro no 234 du 22 août 1897, En ligne. ↑ Georges Philippar, Agitation vespérale, "La Revue politique et littéraire", 1924, En ligne. ↑ Bernard Rio, Pardons de Bretagne, éditions Le Télégramme, 2007, ISBN 978-2-84833-184-3 ↑ D'autres "Pardons aux chevaux" existaient en Basse-Bretagne, par exemple à Plouarzel et Ploudalmezeau dans le Léon, Plonéour-Lanvern et Plobannalec dans le Pays bigouden ↑ Côté gauche de l’autel, dans une église, en faisant face à l’autel ↑ Côté droit de l’autel, dans une église, en faisant face à l’autel ↑ Marthe Le Berre, Le culte des fontaines en Bretagne dans ses rapports avec les animaux, journal La Croix n° 17552 du 12 avril 1940, consultable ↑ Une "Fête du beurre" se déroule encore chaque année à Saint-Herbot, voir » • Wikiwix • • Google • Que faire ? ↑ Marthe Le Berre, Le culte des fontaines en Bretagne dans ses rapports avec les animaux, Journal La Croix n° 17552 du 12 avril 1940, consultable ↑ Cité par Bernard Rio, "Pardons de Bretagne", éditions Le Télégramme, 2007, ISBN 978-2-84833-184-3 ↑ Laurent Tailhade, le Pardon de Rumengol », dans Plâtres et marbres, Athéna, Paris, 1922, consultable ↑ Yves-Pascal Castel, CAST - Église Saint-Jérôme - Croix de procession, XVIIe siècle », Société archéologique du FInistère, vol. CXLIV,‎ 2016, p. 53. ↑ Ouest-Éclair no 3382 du 12-06-1906, consultable ↑ et ↑ Consultable Articles connexes Maurice Lederlé, peintre spécialiste des pardons de Bretagne Caves à boisson du pardon de Notre-Dame de Crénénan en Ploërdut Pardon national de la batellerie
. 768 372 191 581 539 493 260 733
pardon sainte anne la palud 2021